jeudi 11 décembre 2008

Égérie


égérie : n. f. Litt. Inspiratrice d’un artiste, d’un poète, d’un homme politique. Juliette Drouet, l’égérie de Victor Hugo.

Égérie : dans la myth. romaine, nymphe qui prodiguait ses conseils au roi Numa pour l’organisation de la vie religieuse.

nymphe : n. f. 1. MYTH Divinité subalterne des bois, des montagnes, des eaux, dans la mythologie gréco-romaine. Les naïades, nymphes des ruisseaux et des fontaines, les oréades, nymphes des montagnes, les hyades et les hamadryades, nymphes des forêts.
2. Fig. Jeune fille bien faite.
3. ENTOM Deuxième état larvaire, entre la larve et l’imago, des insectes à métamorphose, caractérisé par des ébauches alaires visibles.
4. (Plur.) ANAT Petites lèvres de la vulve.


muse : n. f. 1. (Parfois avec une majuscule.) La Muse, les Muses: la poésie. ¶ Litt., plaisant - Taquiner la Muse: composer à l’occasion des poèmes, par divertissement.
2. (Avec une minuscule.) Vieilli - Femme qui inspire un poète, un artiste.

If - Rudyard Kipling (1910)

If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you.
But make allowance for their doubting too;
If you can wait and not be tired by waiting.
Or being lied about, don't deal in lies,
Or being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise:

If you can dream -and not make dreams your master
If you can think -and not make thoughts your aim
If you can meet Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;
If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools.
Or watch the things you gave your life to broken,
And stoop and build'em up with worn-out tools:

If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: "Hold on!"

If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with Kings -nor lose the common touch,
If neither foes nor loving friends can hurt you,
If all men count with you, but none too much;
If you can fill the unforgiving minute,
With sixty seconds' worth of distance run.
Yours is the Earth and everything that's in it,
And -which is more- you'll be a Man, my son!
tiré de "Tu seras un homme mon fils" suivi de "Lettres à son fils" de Rudyard Kipling, éditions mille et une nuits, ISBN 2-84205-332-X

Si : Tu seras un homme, mon fils Traduction d'André Maurois (1918)
Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tous jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.
tiré de Si : Tu seras un homme, mon fils de Guillaume Reynard, éditions Flammarion, ISBN 2-08160952-5

Cadeau de Noël

C'est bientôt Noël, il est grand temps de penser à vos cadeaux, voici une idée pour ceux qui en manquerait, ça va faire fureur : La Wii en Lego :




PS : Jean L'Escargot pour faire écho à ta playlist Birkin-Gainsbourg, voici une nouvelle playlist avec une reprise de "La Ballade de Melody Nelson" par Miossec. En attendant la semaine prochaine pour mettre en ligne une playlist spéciale Noël.

lundi 8 décembre 2008

Un peu de poésie dans un monde de brut

Le Pélerin

Égaré sous les astres, observant les phalènes,
Voyageur insouciant sans amour ni haine
Profitant des rencontres, magiques ou plus vilaines
Ce parcours erratique plein de joies et de peines,
Loin de la ligne droite transcrit une vie humaine.

Effleurant, caressant, plutôt que pénétrant
Des profonds sentiments parfois se protégeant,
Ce pèlerin,tous les jours, un peu plus en apprend.
Construisant son bonheur des plus petits instants

Il pansera ses plaies, s'en remettant aux vents.

Jean Six-Montagnes (1972 - ?)
Aux arbres

Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!
Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
Vous me connaissez, vous! - vous m'avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d'eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m'occupent tout un jour.
La contemplation m'emplit le cœur d'amour.
Vous m'avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l'esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l'œil dans l'herbe profonde,
L'étude d'un atome et l'étude du monde.
Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu,
Arbres, vous m'avez vu fuir l'homme et chercher Dieu !
Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches,
Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s'élance,
Et je suis plein d'oubli comme vous de silence!
La haine sur mon nom répand en vain son fiel ;
Toujours, - je vous atteste, ô bois aimés du ciel ! -
J'ai chassé loin de moi toute pensée amère,
Et mon cœur est encor tel que le fit ma mère !

Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des autres sourds,
Ravins où l'on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives !
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m'entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu'un de grand qui m'écoute et qui m'aime !
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparait,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt! c'est dans votre ombre et dans votre mystère,
C'est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m'endormirai.

Victor HUGO (1802-1885) (Recueil : Les contemplations)
Les arbres ...

C'est qu'ils portent en eux, les arbres fraternels,

Tous les débris épars de l'humanité morte
Qui flotte dans leur sève et, de la terre, apporte
A leurs vivants rameaux ses aspects éternels.

Et, tandis qu'affranchis par les métamorphoses,
Les corps brisent enfin leur moule passager,
L'Esprit demeure et semble à jamais se figer
Dans l'immobilité symbolique des choses.

Armand SILVESTRE (1837-1901)

vendredi 5 décembre 2008

Nouvelle playlist à découvrir

Pour ceux qui ne sauraient pas quoi écouter ce week-end, voici une nouvelle sélection de pistes musicales (dans la ziq du moment). Attention Ô âmes sensibles, y'a du gros, du gras, du velu, avec des poils (j'pense aux Amis d'ta femme). Je rajoute l'ancienne liste là-dessous, pour ceux qui voudrait la réécouter.