Je ne sais pas si quelqu'un suit toujours ce blog, vu que je n'ai aucun retour, mais bon, ça fait un moment que je n'ai pas présenté les fées que j'avais rencontrées, en voici quelques-unes. D'abord, voici les moins intéressantes, puis ensuite, celles que j'aime le plus.
Affichage des articles dont le libellé est fées. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est fées. Afficher tous les articles
mercredi 30 septembre 2009
mercredi 20 mai 2009
Jadis
Restons dans la littérature avec une nouvelle de Guy de Maupassant, découverte il y a quelques mois déjà mais que j'm'étais dit que j'publierai sur ce blog, ayez le courage de la lire, elle n'est pas si longue, je vous laisse juge... Et à suivre, mais sans aucun lien, comme ça fait longtemps que j'en ai pas mis, une petite fée de ma création.
Guy de Maupassant : Jadis. Texte publié dans Le Gaulois du 13 septembre 1880 sous une première forme, Conseil d'une grand-mère, puis sous une seconde forme, Jadis, dans Gil Blas du 30 octobre 1883 sous la signature de Maufrigneuse.
Numérisation et mise en forme HTML (13 octobre 1998) : Thierry Selva
JADIS
Le château, de style ancien, est sur une colline boisée ; de grands arbres l'entourent d'une verdure sombre, et le parc infini étend ses perspectives tantôt sur des profondeurs de forêt, tantôt sur les pays environnants. A quelques mètres de la façade se creuse un bassin de pierre où se baignent des dames de marbre ; d'autres bassins étagés se succèdent jusqu'au pied du coteau, et une source emprisonnée fait des cascades de l'un à l'autre. Du manoir, qui fait des grâces comme une coquette surannée, jusqu'aux grottes incrustées de coquillages, et où sommeillent des Amours d'un autre siècle, tout en ce domaine antique a gardé la physionomie des vieux âges ; tout semble parler encore des coutumes anciennes, des moeurs d'autrefois, des galanteries passées et des élégances légères où s'exerçaient nos aïeules.
Dans un petit salon Louis XV, dont les murs sont couverts de bergers marivaudant avec des bergères, de belles dames en panier et des messieurs galants et frisés, une toute vieille femme, qui semble morte aussitôt qu'elle ne remue plus, est presque couchée dans un grand fauteuil et laisse pendre de chaque côté ses mains osseuses de momie. Son regard voile se perd au loin par la campagne comme pour suivre à travers le parc des visions de sa jeunesse. Un souffle d'air, parfois, arrive par la fenêtre ouverte, apporte des senteurs d'herbe et des parfums de fleurs, il fait voltiger ses cheveux blancs autour de son front ridé et des souvenirs vieux dans son coeur.
A ses côtés, sur un tabouret de velours, une jeune fille, aux longs cheveux blonds tressés sur le dos, brode un ornement d'autel.
Elle a des yeux rêveurs, et, pendant que travaillent ses doigts agiles, on voit qu'elle songe.
Mais l'aïeule a tourné la tête.
- Berthe, dit-elle, lis-moi donc un peu les gazettes, afin que je sache encore quelquefois ce qui se passe en ce monde. La jeune fille prit un journal et le parcourut du regard :
- Il y a beaucoup de politique, grand-mère, faut-il passer ?
- Oui, oui, mignonne. N'y a-t-il pas d'histoires d'amour ? La galanterie est donc morte, en France, qu'on ne parle plus d'enlèvements, ni de combats pour les dames, ni d'aventures comme autrefois !
La jeune fille chercha longtemps.
- Voilà, dit-elle, c'est intitulé : "Drame d'amour."
La vieille femme sourit dans ses rides.
- Lis-moi cela, dit-elle.
Et Berthe commença.
C'était une histoire de vitriol. Une dame, pour se venger de la maîtresse de son mari, lui avait brûlé les deux yeux. Elle était sortie des assises acquittée, innocentée, félicitée, aux applaudissements de la foule.
L'aïeule s'agitait sur son siège et répétait :
- C'est affreux, mais c'est affreux, cela ! Trouve-moi donc autre chose, mignonne.
Berthe chercha, et plus loin toujours aux tribunaux, se mit à lire : "Sombre drame." Une jeune fille de vertu trop mûre s'était laissée choir tout à coup entre les bras d'un jeune homme, et, pour se venger de son amant dont le coeur était volage et la rente insuffisante, lui avait tiré à bout portant quatre coups de revolver.
Deux balles étaient demeurées dans la poitrine, une dans l'épaule, l'autre dans la hanche. Le monsieur resterait estropié toute sa vie. La jeune fille avait été acquittée aux applaudissements de la foule, et le journal maltraitait fort ce séducteur de vierges faciles.
Cette fois la vieille grand-mère se révolta tout à fait, et, la voix tremblante :
- Mais vous êtes donc fous aujourd'hui, vous êtes fous. Le bon Dieu vous a donné l'amour, la seule séduction de la vie ; l'homme y a mêlé la galanterie, la seule distraction de nos heures, et voilà que vous y mettez du vitriol et du revolver, comme on mettrait de la boue dans un flacon de vin d'Espagne !
Berthe ne paraissait pas comprendre l'indignation de son aïeule.
- Mais, grand-mère, cette femme s'est vengée. Songe donc, elle était mariée, et son mari la trompait.
La grand-mère eut un soubresaut.
- Quelles idées vous donne-t-on, à vous autres, jeunes filles d'aujourd'hui ?
Berthe répondit :
- Mais le mariage, c'est sacré, grand-mère.
L'aïeule tressaillit en son coeur de femme née encore au grand siècle galant.
- C'est l'amour qui est sacré, dit-elle. Écoute, fillette, une vieille qui a vécu trois générations et qui en sait long, bien long sur les hommes et sur les femmes. Le mariage et l'amour n'ont rien à voir ensemble. On se marie pour fonder une famille, et on forme une famille pour constituer la société. La société ne peut pas se passer du mariage. Si la société est une chaîne, chaque famille en est un anneau.
Pour souder ces anneaux-là, on cherche toujours les métaux pareils. Quand on se marie, il faut unir les convenances, combiner les fortunes, joindre les races semblables, travailler pour l'intérêt commun qui est la richesse et les enfants. On ne se marie qu'une fois, fillette, et parce que le monde l'exige ; mais on peut aimer vingt fois dans sa vie, parce que la nature nous a faits ainsi. Le mariage ! c'est une loi, vois-tu, et l'amour, c'est un instinct qui nous pousse tantôt à droite, tantôt à gauche. On a fait des lois qui combattent nos instincts, il le fallait ; mais les instincts toujours sont les plus forts, et on a tort de leur résister, puisqu'ils viennent de Dieu, tandis que les lois ne viennent que des hommes.
Si on ne poudrait pas la vie avec de l'amour, le plus d'amour possible, mignonne, comme on met du sucre dans les drogues pour les enfants, personne ne voudrait la prendre telle qu'elle est.
Berthe, effarée, ouvrait ses grands yeux ; elle murmura :
- Oh ! grand-mère, grand-mère, on ne peut aimer qu'une fois !
L'aïeule leva vers le ciel ses mains tremblantes comme pour invoquer encore le dieu défunt des galanteries.
Elle s'écria, indignée :
- Vous êtes devenus une race de vilains, une race du commun.
Depuis la Révolution, le monde n'est plus reconnaissable. Vous avez mis de grands mots partout ; vous croyez à l'égalité et à la passion éternelle. Des gens ont fait des vers pour vous dire qu'on mourait d'amour. De mon temps on faisait des vers pour nous apprendre à aimer beaucoup. Quand un gentilhomme nous plaisait, fillette, on lui envoyait un page. Et quand il nous venait au coeur un nouveau caprice, on congédiait son dernier amant, à moins qu'on ne les gardât tous les deux.
La jeune fille, toute pâle, balbutia :
- Alors les femmes n'avaient pas d'honneur ?
La vieille bondit :
- Pas d'honneur ! parce qu'on aimait, qu'on osait le dire et même s'en vanter ? Mais, fillette, si une de nous, parmi les plus grandes dames de France, était demeurée sans amant, toute la cour en aurait ri. Et vous vous imaginez que vos maris n'aimeront que vous toute leur vie ? Comme si ça se pouvait, vraiment !
Je te dis, moi, que le mariage est une chose nécessaire pour que la société vive, mais qu'il n'est pas dans la nature de notre race, entends-tu bien ? Il n'y a dans la vie qu'une bonne chose, c'est l'amour, et on veut nous en priver. On vous dit maintenant : "Il ne faut aimer qu'un homme", comme si on voulait me forcer à ne manger toute ma vie que du dindon. Et cet homme-là aura autant de maîtresses qu'il y a de mois dans l'année !
Il suivra ses instincts galants, qui le poussent vers toutes les femmes, comme les papillons vont à toutes les fleurs ; et alors, moi, je sortirai par les rues, avec du vitriol dans une bouteille, et j'aveuglerai les pauvres filles qui auront obéi à la volonté de leur instinct ! Ce n'est pas sur lui que je me vengerai, mais sur elles ! Je ferai un monstre. Je ferai un monstre d'une créature que le bon Dieu a faite pour plaire, pour aimer et pour être aimée !
Et votre société d'aujourd'hui, votre société de manants, de bourgeois, de valets parvenus m'applaudira et m'acquittera. Je te dis que c'est infâme, que vous ne comprenez pas l'amour ; et je suis contente de mourir plutôt que de voir un monde sans galanteries et des femmes qui ne savent plus aimer.
Vous prenez tout au sérieux à présent ; la vengeance des drôlesses qui tuent leurs amants fait verser des larmes de pitié aux douze bourgeois réunis pour sonder les coeurs des criminels. Et voilà votre sagesse, votre raison ? Les femmes tirent sur les hommes et se plaignent qu'ils ne sont plus galants !
La jeune fille prit en ses mains tremblantes les mains ridées de la vieille :
- Tais-toi, grand-mère, je t'en supplie. Et à genoux, les larmes aux yeux, elle demandait au ciel une grande passion, une seule passion éternelle, selon le rêve nouveau des poètes romantiques, tandis que l'aïeule la baisant au front, toute pénétrée encore de cette charmante et saine raison dont les philosophes galants emplirent le dix-huitième siècle, murmura :
- Prends garde, pauvre mignonne, si tu crois à des folies pareilles, tu seras bien malheureuse.

Guy de Maupassant : Jadis. Texte publié dans Le Gaulois du 13 septembre 1880 sous une première forme, Conseil d'une grand-mère, puis sous une seconde forme, Jadis, dans Gil Blas du 30 octobre 1883 sous la signature de Maufrigneuse.
Numérisation et mise en forme HTML (13 octobre 1998) : Thierry Selva
JADIS
Le château, de style ancien, est sur une colline boisée ; de grands arbres l'entourent d'une verdure sombre, et le parc infini étend ses perspectives tantôt sur des profondeurs de forêt, tantôt sur les pays environnants. A quelques mètres de la façade se creuse un bassin de pierre où se baignent des dames de marbre ; d'autres bassins étagés se succèdent jusqu'au pied du coteau, et une source emprisonnée fait des cascades de l'un à l'autre. Du manoir, qui fait des grâces comme une coquette surannée, jusqu'aux grottes incrustées de coquillages, et où sommeillent des Amours d'un autre siècle, tout en ce domaine antique a gardé la physionomie des vieux âges ; tout semble parler encore des coutumes anciennes, des moeurs d'autrefois, des galanteries passées et des élégances légères où s'exerçaient nos aïeules.
Dans un petit salon Louis XV, dont les murs sont couverts de bergers marivaudant avec des bergères, de belles dames en panier et des messieurs galants et frisés, une toute vieille femme, qui semble morte aussitôt qu'elle ne remue plus, est presque couchée dans un grand fauteuil et laisse pendre de chaque côté ses mains osseuses de momie. Son regard voile se perd au loin par la campagne comme pour suivre à travers le parc des visions de sa jeunesse. Un souffle d'air, parfois, arrive par la fenêtre ouverte, apporte des senteurs d'herbe et des parfums de fleurs, il fait voltiger ses cheveux blancs autour de son front ridé et des souvenirs vieux dans son coeur.
A ses côtés, sur un tabouret de velours, une jeune fille, aux longs cheveux blonds tressés sur le dos, brode un ornement d'autel.
Elle a des yeux rêveurs, et, pendant que travaillent ses doigts agiles, on voit qu'elle songe.
Mais l'aïeule a tourné la tête.
- Berthe, dit-elle, lis-moi donc un peu les gazettes, afin que je sache encore quelquefois ce qui se passe en ce monde. La jeune fille prit un journal et le parcourut du regard :
- Il y a beaucoup de politique, grand-mère, faut-il passer ?
- Oui, oui, mignonne. N'y a-t-il pas d'histoires d'amour ? La galanterie est donc morte, en France, qu'on ne parle plus d'enlèvements, ni de combats pour les dames, ni d'aventures comme autrefois !
La jeune fille chercha longtemps.
- Voilà, dit-elle, c'est intitulé : "Drame d'amour."
La vieille femme sourit dans ses rides.
- Lis-moi cela, dit-elle.
Et Berthe commença.
C'était une histoire de vitriol. Une dame, pour se venger de la maîtresse de son mari, lui avait brûlé les deux yeux. Elle était sortie des assises acquittée, innocentée, félicitée, aux applaudissements de la foule.
L'aïeule s'agitait sur son siège et répétait :
- C'est affreux, mais c'est affreux, cela ! Trouve-moi donc autre chose, mignonne.
Berthe chercha, et plus loin toujours aux tribunaux, se mit à lire : "Sombre drame." Une jeune fille de vertu trop mûre s'était laissée choir tout à coup entre les bras d'un jeune homme, et, pour se venger de son amant dont le coeur était volage et la rente insuffisante, lui avait tiré à bout portant quatre coups de revolver.
Deux balles étaient demeurées dans la poitrine, une dans l'épaule, l'autre dans la hanche. Le monsieur resterait estropié toute sa vie. La jeune fille avait été acquittée aux applaudissements de la foule, et le journal maltraitait fort ce séducteur de vierges faciles.
Cette fois la vieille grand-mère se révolta tout à fait, et, la voix tremblante :
- Mais vous êtes donc fous aujourd'hui, vous êtes fous. Le bon Dieu vous a donné l'amour, la seule séduction de la vie ; l'homme y a mêlé la galanterie, la seule distraction de nos heures, et voilà que vous y mettez du vitriol et du revolver, comme on mettrait de la boue dans un flacon de vin d'Espagne !
Berthe ne paraissait pas comprendre l'indignation de son aïeule.
- Mais, grand-mère, cette femme s'est vengée. Songe donc, elle était mariée, et son mari la trompait.
La grand-mère eut un soubresaut.
- Quelles idées vous donne-t-on, à vous autres, jeunes filles d'aujourd'hui ?
Berthe répondit :
- Mais le mariage, c'est sacré, grand-mère.
L'aïeule tressaillit en son coeur de femme née encore au grand siècle galant.
- C'est l'amour qui est sacré, dit-elle. Écoute, fillette, une vieille qui a vécu trois générations et qui en sait long, bien long sur les hommes et sur les femmes. Le mariage et l'amour n'ont rien à voir ensemble. On se marie pour fonder une famille, et on forme une famille pour constituer la société. La société ne peut pas se passer du mariage. Si la société est une chaîne, chaque famille en est un anneau.
Pour souder ces anneaux-là, on cherche toujours les métaux pareils. Quand on se marie, il faut unir les convenances, combiner les fortunes, joindre les races semblables, travailler pour l'intérêt commun qui est la richesse et les enfants. On ne se marie qu'une fois, fillette, et parce que le monde l'exige ; mais on peut aimer vingt fois dans sa vie, parce que la nature nous a faits ainsi. Le mariage ! c'est une loi, vois-tu, et l'amour, c'est un instinct qui nous pousse tantôt à droite, tantôt à gauche. On a fait des lois qui combattent nos instincts, il le fallait ; mais les instincts toujours sont les plus forts, et on a tort de leur résister, puisqu'ils viennent de Dieu, tandis que les lois ne viennent que des hommes.
Si on ne poudrait pas la vie avec de l'amour, le plus d'amour possible, mignonne, comme on met du sucre dans les drogues pour les enfants, personne ne voudrait la prendre telle qu'elle est.
Berthe, effarée, ouvrait ses grands yeux ; elle murmura :
- Oh ! grand-mère, grand-mère, on ne peut aimer qu'une fois !
L'aïeule leva vers le ciel ses mains tremblantes comme pour invoquer encore le dieu défunt des galanteries.
Elle s'écria, indignée :
- Vous êtes devenus une race de vilains, une race du commun.
Depuis la Révolution, le monde n'est plus reconnaissable. Vous avez mis de grands mots partout ; vous croyez à l'égalité et à la passion éternelle. Des gens ont fait des vers pour vous dire qu'on mourait d'amour. De mon temps on faisait des vers pour nous apprendre à aimer beaucoup. Quand un gentilhomme nous plaisait, fillette, on lui envoyait un page. Et quand il nous venait au coeur un nouveau caprice, on congédiait son dernier amant, à moins qu'on ne les gardât tous les deux.
La jeune fille, toute pâle, balbutia :
- Alors les femmes n'avaient pas d'honneur ?
La vieille bondit :
- Pas d'honneur ! parce qu'on aimait, qu'on osait le dire et même s'en vanter ? Mais, fillette, si une de nous, parmi les plus grandes dames de France, était demeurée sans amant, toute la cour en aurait ri. Et vous vous imaginez que vos maris n'aimeront que vous toute leur vie ? Comme si ça se pouvait, vraiment !
Je te dis, moi, que le mariage est une chose nécessaire pour que la société vive, mais qu'il n'est pas dans la nature de notre race, entends-tu bien ? Il n'y a dans la vie qu'une bonne chose, c'est l'amour, et on veut nous en priver. On vous dit maintenant : "Il ne faut aimer qu'un homme", comme si on voulait me forcer à ne manger toute ma vie que du dindon. Et cet homme-là aura autant de maîtresses qu'il y a de mois dans l'année !
Il suivra ses instincts galants, qui le poussent vers toutes les femmes, comme les papillons vont à toutes les fleurs ; et alors, moi, je sortirai par les rues, avec du vitriol dans une bouteille, et j'aveuglerai les pauvres filles qui auront obéi à la volonté de leur instinct ! Ce n'est pas sur lui que je me vengerai, mais sur elles ! Je ferai un monstre. Je ferai un monstre d'une créature que le bon Dieu a faite pour plaire, pour aimer et pour être aimée !
Et votre société d'aujourd'hui, votre société de manants, de bourgeois, de valets parvenus m'applaudira et m'acquittera. Je te dis que c'est infâme, que vous ne comprenez pas l'amour ; et je suis contente de mourir plutôt que de voir un monde sans galanteries et des femmes qui ne savent plus aimer.
Vous prenez tout au sérieux à présent ; la vengeance des drôlesses qui tuent leurs amants fait verser des larmes de pitié aux douze bourgeois réunis pour sonder les coeurs des criminels. Et voilà votre sagesse, votre raison ? Les femmes tirent sur les hommes et se plaignent qu'ils ne sont plus galants !
La jeune fille prit en ses mains tremblantes les mains ridées de la vieille :
- Tais-toi, grand-mère, je t'en supplie. Et à genoux, les larmes aux yeux, elle demandait au ciel une grande passion, une seule passion éternelle, selon le rêve nouveau des poètes romantiques, tandis que l'aïeule la baisant au front, toute pénétrée encore de cette charmante et saine raison dont les philosophes galants emplirent le dix-huitième siècle, murmura :
- Prends garde, pauvre mignonne, si tu crois à des folies pareilles, tu seras bien malheureuse.
vendredi 20 mars 2009
Un boulot de rêve
Les sirènes existent... En voici la preuve.
J'aurai dû faire ce boulot, même si j'aurais été moins sexy...
J'aurai dû faire ce boulot, même si j'aurais été moins sexy...
jeudi 1 janvier 2009
heterochromia iridium
mardi 30 décembre 2008
seymourensis campanulae glaucaunii

atome n. m. 1. CHIM Plus petite quantité d’un corps simple (de 0,1 à 1 millionième de millimètre) qui puisse entrer dans une combinaison. ¶ PHYS Système de particules dont les plus massives (électrons) forment un «cortège» autour du noyau. ¶ Par ext. L’atome: l’énergie atomique; ses applications. L’atome dans le Marché commun.
2. Fig. Quantité minuscule. Il n’a pas un atome de bon sens.
3. PHILO Atomes crochus: dans le système de Démocrite et d’Épicure, atomes qui peuvent s’accrocher les uns aux autres de façon à former les corps, la matière. ¶ Fig. Atomes crochus entre deux personnes, affinités qui les rapprochent.
© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 1999
jeudi 11 décembre 2008
Égérie

égérie : n. f. Litt. Inspiratrice d’un artiste, d’un poète, d’un homme politique. Juliette Drouet, l’égérie de Victor Hugo.
Égérie : dans la myth. romaine, nymphe qui prodiguait ses conseils au roi Numa pour l’organisation de la vie religieuse.
nymphe : n. f. 1. MYTH Divinité subalterne des bois, des montagnes, des eaux, dans la mythologie gréco-romaine. Les naïades, nymphes des ruisseaux et des fontaines, les oréades, nymphes des montagnes, les hyades et les hamadryades, nymphes des forêts.
2. Fig. Jeune fille bien faite.
3. ENTOM Deuxième état larvaire, entre la larve et l’imago, des insectes à métamorphose, caractérisé par des ébauches alaires visibles.
4. (Plur.) ANAT Petites lèvres de la vulve.
muse : n. f. 1. (Parfois avec une majuscule.) La Muse, les Muses: la poésie. ¶ Litt., plaisant - Taquiner la Muse: composer à l’occasion des poèmes, par divertissement.
2. (Avec une minuscule.) Vieilli - Femme qui inspire un poète, un artiste.

If - Rudyard Kipling (1910)
If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you.
But make allowance for their doubting too;
If you can wait and not be tired by waiting.
Or being lied about, don't deal in lies,
Or being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise:
If you can dream -and not make dreams your master
If you can think -and not make thoughts your aim
If you can meet Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;
If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools.
Or watch the things you gave your life to broken,
And stoop and build'em up with worn-out tools:
If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: "Hold on!"
If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with Kings -nor lose the common touch,
If neither foes nor loving friends can hurt you,
If all men count with you, but none too much;
If you can fill the unforgiving minute,
With sixty seconds' worth of distance run.
Yours is the Earth and everything that's in it,
And -which is more- you'll be a Man, my son!
tiré de "Tu seras un homme mon fils" suivi de "Lettres à son fils" de Rudyard Kipling, éditions mille et une nuits, ISBN 2-84205-332-X
Si : Tu seras un homme, mon fils Traduction d'André Maurois (1918)
Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tous jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.
tiré de Si : Tu seras un homme, mon fils de Guillaume Reynard, éditions Flammarion, ISBN 2-08160952-5
lundi 17 novembre 2008
Inscription à :
Articles (Atom)









